Les premières réactions critiques émergent dans l’opposition après l’annonce, par Félix Tshisekedi, de l’ouverture du processus de dialogue national. Christian Mwando, chef du groupe parlementaire d’Ensemble pour la République, remet en cause le format présenté par le chef de l’État et doute de sa capacité à apporter une réponse durable à la crise que traverse la République démocratique du Congo.
Intervenant sur Top Congo, l’ancien ministre du Plan estime que le débat ne porte pas sur le principe du dialogue, mais sur son format, ses règles et les modalités de participation. À ses yeux, un processus censé contribuer au règlement de la crise ne peut être conçu et défini par une seule partie.
Le cadre proposé par Félix Tshisekedi suscite notamment ses réserves sur la question de la participation des acteurs armés. Le président de la République a posé des limites à leur présence au dialogue, une approche que Christian Mwando considère comme susceptible de réduire la portée du processus.
Pour le cadre d’Ensemble, la profondeur de la crise impose au contraire un cadre capable d’aborder l’ensemble des facteurs à l’origine des conflits qui déstabilisent le pays.
Ce que propose le président Tshisekedi est une vaste kermesse qui ne va pas mettre un terme au conflit, a-t-il lancé.
La question de l’inclusivité
Christian Mwando s’interroge également sur le caractère réellement inclusif du processus. Il relève notamment l’absence du terme « inclusif » dans l’adresse à la nation du chef de l’État, alors que cette notion constitue, selon lui, un élément essentiel pour la crédibilité d’un dialogue national.
Vous constaterez avec moi que le terme inclusif n’a plus été utilisé, a-t-il fait remarquer.
Autre source d’interrogation : l’articulation entre les discussions engagées dans le cadre du processus de Doha et le futur dialogue national annoncé à Kinshasa. L’ancien ministre ne comprend pas pourquoi certaines questions abordées dans la capitale qatarie ne pourraient pas également être discutées dans le cadre national.
Qu’est-ce qui est dit à Doha qui ne peut pas être dit au dialogue ?, s’interroge-t-il.
Une opposition déjà sceptique
Pour Christian Mwando, ces interrogations pourraient compliquer l’adhésion de l’opposition au schéma proposé par Félix Tshisekedi. Derrière les modalités du dialogue se pose, selon lui, une question fondamentale : celle de la crédibilité et de l’efficacité du processus.
Le cadre d’Ensemble estime qu’un dialogue national ne devrait pas se limiter à réunir différentes composantes autour d’une table. Il devrait surtout permettre d’apporter des réponses concrètes aux crises sécuritaire et politique qui affectent le pays.
La position de Mwando intervient dans un contexte marqué par plusieurs réactions critiques au sein de l’opposition. Lors d’un live sur X animé par le journaliste Stanis Bujakera, Franck Diongo a notamment qualifié le processus annoncé de « dialogue de façade ». De son côté, Francine Muyumba a contesté la possibilité pour le chef de l’État de déterminer seul les contours d’un processus appelé à réunir des acteurs aux intérêts divergents.
Le débat est donc désormais ouvert sur le format et les règles du dialogue. Pour Christian Mwando, la réussite du processus dépendra moins de son annonce que de son caractère inclusif, de la participation des différentes parties prenantes et surtout de sa capacité à déboucher sur une véritable sortie de crise.















